L’histoire de Martin

1896. Haut-Beaujolais. Région historique connue pour ses productions de textiles très importantes et la création des machines à coudre. À l’aube du 20ème siècle, l’activité liée au textile explose suite à la perte de l’Alsace et la Lorraine, les usines sont rapatriées dans les régions du Haut-Beaujolais et de Lyon. La seconde révolution industrielle participe au développement des entreprises liées au textile. 

Mr Louis Martin, maire de Bourg de Thizy et diplômé de l’école d’ingénierie chimie de Mulhouse maîtrise les nouvelles techniques d’impression textile. Marié Madame Morel, ils décident d’ouvrir ensemble une usine d’impression textile, utilisant le savoir faire de Mr Martin. Maison Martin Morel ouvre ses portes et l’usine se met en marche. 
Cette nouvelle technique d’impression permet d’imprimer très rapidement de longs métrages de tissu. L’usine produit alors entre 4000 et 5000 mètres de tissu par jour. Les motifs développés rappellent le tissage mais sont produits en grande quantité et bien plus rapidement. On observe un excellent rendement pour l’impression textile et un formidable essor dans la région, où les entreprises prospèrent. 

 

L’impression se fait en plusieurs temps : on colore tout d’abord le tissu de manière uniforme puis on applique un produit qui vient ronger le tissu par endroit, créant ainsi le motif en relief. Une équipe de designer est engagée pour la conception des motifs.
La clientèle s’étend et des motifs plus luxueux sur des matières plus raffinées apparaissent. Mais cette période prend un tournant différent en 1914. La Première Guerre Mondiale a pour conséquence une faible production. L’usine tourne au ralenti, les motifs se font rares. On ne trouve d’ailleurs pas d’archives de cette période aujourd’hui. Il en va de même pour la Seconde Guerre Mondiale où l’usine est entièrement à l’arrêt et aucun motif ne voit le jour. 

 

 
1945, l’usine redémarre doucement et adopte un nouveau nom. Maison Martin Morel devient Les Établissements Louis Martin, dirigés par le fils de Louis Martin. Le pire est derrière, l’usine est de plus en plus productive, la consommation de masse est une bénédiction pour l’industrie textile. Les motifs se veulent plus joyeux, plus colorés et les vêtements de travailleur sont moins demandés. L’aspect fun du motif est exploré, Brigitte Bardot arbore fièrement le motif Vichy imprimé par les Établissements Louis Martin. La folie des motifs portés par le chanteur Antoine gagne les usines qui surfent sur la tendance et proposent une grande quantité d’imprimés colorés emblématiques des 60’s.

 

Les années 70 marquent un tournant dans l’histoire de la marque. Les chocs pétroliers successifs ont un fort impact sur l’usine. Le coût de production augmente, ce qui n’est pas avantageux pour l’usine. Les entreprises de confection nécessitant un faible coût de main d’oeuvre, elles se délocalisent, se dispersent ou ferment. L’avenir de l’usine est incertain, les imprimeurs textiles ayant besoin d’être proche géographiquement des industries de la confection. Si la confection se délocalise, l’imprimeur textile doit suivre le mouvement aussi pour pouvoir continuer son activité.

Les quatre clients principaux se délocalisent ce qui entraîne la fermeture des Établissements Louis Martin. L’entreprise familiale arrête alors toute activité, condamnant le travail de plusieurs générations à l’oubli. 

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